samedi 11 avril 2009

D'où me vient la passion de courir?

Hier, sous le beau soleil du printemps (enfin!), je suis allée marcher avec Muscade et mon amoureux au Parc Lafontaine. De la vrai T-O-R-T-U-R-E!

Il y avait des coureurs partout!!! Ils avaient tous l’air bien, heureux et sereins. C’est peut-être mon interprétation de leur état d’âme qui est le miroir de ma JALOUSIE!!! Inutile de vous re-mentionner à quel point courir me manque. J’arrive à l’oublier quand je ne vois pas quelqu’un courir, ou se préparer à courir, ou à lire sur les statut facebook que mes ami(e)s se préparent à aller courir, ou à la lecture des récits de course à pied sur les blogue! Bah! Ça me sort à peine de ma tête :-)))

J’y pense beaucoup. Mais ce n’est pas toujours de la torture. En fait, y penser m’aide à me nourrir. D’ailleurs, mon ami/collègue vélocien et nouveau blogueur Philippe m’a posé la question suivante : ''D'où t'es venu le goût de courir?''

Bonne question Phil! En fait, je ne me souviens pas exactement comment cette passion est entrée dans ma vie. Mais je me souviens de ma première course comme si c’était hier.

Le 16 juin 1982, j’avais 7 ans. J’ai couru 1 mile – 1.6 km. Qui a eu l’idée? Aucune idée. Faudrait que mes parents me rafraîchissent la mémoire. Reste que je m’en souviens très bien. J’étais nerveuse au départ. Je suis partie en folle et je me suis épuisée trop vite! Je me souviens d’avoir été à bout de souffle tout le long et que ce mile m’a paru comme une éternité. Je me souviens du feeling de la ligne d’arrivée et de la fierté de mes parents. De la mienne aussi. J’étais complètement accro. Fallait que je participe à la version longue l’année suivante. J’allais m’entraîner pour. Je me faisais déjà mon plan mental à mon retour à la maison.

Le 15 juin 1983, j’ai participé à ma deuxième course … le KM Yoplait avec comme présidente d’honneur, Jacqueline Gareau. C’était un 3 km. Le double de l’année dernière!!! Honnêtement, je ne me suis pas beaucoup entraînée pour cette course. J’ai couru ici et là des tours du bloc mais sans plus. La course à pied n’occupait pas mon cerveau à temps plein. J’étais beaucoup plus investie dans mon temps avec mes amies! Ce 3 km a été tout aussi souffrant que mon 1.6 km de l’année précédente. J’ai aimé ça, mais peut-être pas autant qu’à ma première fois.

À partir de l’âge de 8 ans, jusqu’à 16 ans, je passais 2 semaines par été au camp Edphy. C’est dans ce camp que j’entretenais mon amour pour la course à pied. Je participais à toutes les activités qui me permettaient de courir. J’étais très forte au 50m et au 100m. Je gagnais tout le temps même que je battais souvent les garçons. J’aimais vraiment ça les sprints. J’étais explosive. À partir de 13 ans, les gars me dépassaient mais pas les filles. J’aimais ça être la meilleure. C’était un des seuls sports dans lequel j’avais un certain potentiel. Mais je ne l’ai pas développé. Mes parents n’étant pas des coureurs, certes sportifs mais plus au gym que d’autre chose, je n’ai pas demandé à aller dans un club de course car honnêtement, je ne savais pas que ça existait. Pour moi, ma seule opportunité de courir était au camp Edphy. Alors je me donnais à fond pendant ses deux semaines d’été!

En cinquième et sixième année, je me suis mis à courir le matin avant d’aller à l’école, le printemps venu. Un peu pour me préparer à mon camp de vacance!!! J’arrivais parfois à traîner mon frère avec moi. J’aimais le feeling de courir seule, très caractéristique de mon côté indépendante (!!!) à courir dans les rues de mon quartier pendant que mes amis dormaient encore. J’avais l’impression d’avoir accomplie quelque chose que mon entourage n’avait pas fait. Ça me distinguait. J’aimais être différente … j’aime encore être différente!

À 16 ans, mon dernier été au camp Edphy, j’ai participé au ''marathon''. Évidemment, ce n’était pas un vrai marathon!!! C’était une course de 4-5 km, réservé aux grands du camp! C’était parcours assez exigeant qui nous faisait passer dans des dunes de sables et les côtes du boisé. J’ai gagné chez les filles et mon ''amoureux'' du camp, a gagné chez les hommes. Pfffff! On était LE couple du camp! J’ai vraiment aimé cette course. Je me souviens de m’être donnée à fond. Et je crois que c’est à ce moment que j’ai décidée qu’un jour, j’allais courir un VRAI marathon.

Par contre, vers l’âge de 12 ans je commençais à avoir des problèmes de genoux. Courir devenait de plus en plus souffrant. À 16-17 ans, mon médecin sportif me disait d’arrêter de courir, ben je l’ai écouté! Par contre, je faisais autre chose … je suivais des cours de danse aérobique, je jouais au basketball dans l’équipe de l’école, j’étais en éducation physique option en secondaire 3-4-5, je roulais un peu avec mon vélo de route. J’étais très active, mais mes genoux me faisaient de plus en plus mal.

Rendu au cégep, j’ai carrément arrêté le sport. Pour plusieurs raisons. Mon excuse de choix … j’ai mal aux genoux! Mais le divorce de mes parents m’a beaucoup affectée psychologiquement et j’ai vécu des années difficiles dans ma vingtaine. J’ai pris du poids et j’ai arrêté de prendre soin de moi. Je me suis concentrée sur le début de ma carrière, je me cherchais, je me suis perdu en même temps. À travers ses années, je travaillais fort à me retrouver. J’étais la fille qui utilisait toutes les excuses du monde pour ne pas faire de sport. Mes genoux étaient la raison principale. Je le savais que je ne vivais pas une vie qui me plaisait, mais je ne voulais pas le voir en même temps. Période troublante, mais combien enrichissant car quand le déclic est enfin arrivé, ma vie a basculé et je me suis tranquillement retrouvé.

C’est à 25 ans qu’un médecin m’a donné une claque au visage en me disant que je faisais de la haute pression. MOI! Ancienne sportive, jeune fille de 25 ans qui fais de la pression. Ce n’est pas une maladie de vieux ça?! J’avais honte. J’ai aussitôt commencé des démarches pour changer ma vie. Rendez-vous chez un médecin en médecine sportive pour régler mes problèmes de genoux au plus vite. Je voulais recommencer à faire du sport, je voulais courir un marathon.

Le 2 avril 2002, je me suis fais opérée au genou gauche. Un moment très important qui allait changer ma vie. La rémission de cette opération a été jumelée d’une remise en forme. PAS FACILE!!! Je me suis acheté un vélo hybride pour me permettre de me refaire une musculation des jambes. À travers ça, j’essayais de perdre du poids. Ça m’a pris 2 ans et demi mais en octobre 2004, j’ai recommencé à courir. Sur un tapis roulant au gym! WOW. Je courais 1 min et j’en marchais 5. J’ai commencé vraiment tranquillement. Au printemps 2005, j’ai fait ma première sortie dehors. Je m’en souviens vivement. Je trouvais que l’air était court. J’ai fait qu’un grand tour du bloc et après, j’ai sortie mon vélo hybride. Mon chum était en Australie et je me souviens de lui avoir écrit un courriel pour lui raconter à quel point j’étais fière de moi.

Mon amoureux est entré dans ma vie en avril 2004. Le 29 avril prochain, nous allons célébrer nos 5 ans. Il est entré dans ma vie pendant cette remise en forme. Nous avions les mêmes passions, bouger, courir, rouler. Lui, il s’entraînait pour son premier Ironman. Côtoyer JP m’a ouvert les yeux sur le sport d’endurance, sur un mode de vie qui m’attirait beaucoup, un mode de vie que je voulais adopter. Sa présence m’a beaucoup aidée à persévérer à devenir une marathonienne.

Aujourd’hui, je SAIS que je ne peux plus vivre sans le sport. Ça fait partie de mes besoins essentiels. Je n’ai plus d’excuses et pas tellement de limites. J’ose rêver à des choses extrêmes, j’ose en parler, j’ose m’essayer à les réaliser. C’est peut-être mon petit côté qui aime être différente.

11 commentaires:

Anonyme a dit...

Ah! merci pour se billet Sylvie!
Ça me fait réfléchir aux raisons pour lesquelles j'ai besoin de courir aussi...

Je réalise que mon goût et ma joie de courir vont beaucoup plus loin que de faire des course. Toutes les sorties sont importantes, qu'elles soient des préparations en vue de compétition ou non. C'est con à dire, mais je ne me sentais moins "coureuse" en prenant la décision de ne pas compétitionner cette année.

Tu as mis de la joie dans mon coeur là!! Je travaille encore une heure et je m'en vais dehors!!!

Mélanie

Sylvie Mallard a dit...

Super Mélanie. J'en suis ravie :-)
Amuses-toi bien!!!

Serge a dit...

Et bien! Je partage avec toi... toute ta 'misère'.

Imagines-toi que j'habite pratiquement sur une piste cyclable... Y a des coureurs partout! Aaaaaaaaaaaaah! C'est pénible!

Et je sens que ca va devenir de plus en plus intolérable!

A+

Juliette a dit...

ça faisait longtemps que j'étais passé par ici. Belle découverte que j'ai fait. Félicitation pour le bébé...

Et je comprends le besoin.

Je m'entraîne pour le demi-marathon d'Ottawa présentement bientôt 44 ans tu vois! Il n'est jamais trop tard.

Geneviève a dit...

Je ne connaissais pas tes antécédents de coureuse! C'est vraiment très intéressant de lire tout ça!

Philippe a dit...

Grr espèrons que la troisième version de ce commentaire sera la bonne...

Wow quand je pose une question, j'ai droit à toute une réponse :)
un gros merci
Très complet. Ça me démontre bien que je n'ai pas cette passion de la course en moi malgré mes deux longues missives.
Ça répond a +eurs de mes questions/interrogations des derniers jours.(Sans aucune once de méchanceté) je me sentais comme une femme qui se posait tout pleins de questions que vous pouvez faire quotidiennement!
encore une fois merci :)

Karatekoud a dit...

Quelle biographie woaw ! Cela motive les gens à faire du sport.
On voit qu'il y a des hauts et des bas et qu'il faut toujours s'accrocher, ne jamais abandonner.

Bonne route !

Karatekoud a dit...

http://www.youtube.com/watch?v=VkCFeNeqyHk&feature=related

Vérane a dit...

Je comprends que la vue de tous ces coureurs est une véritable torture qd soit-même on en est privé - ça me rappelle mes périodes de blessures et, comme moi aussi, j'habite sur la piste cyclable, je ne pouvais pas être plus mal placée. ;-(

Mais bon, heureusement, que ces périodes sans sport ne sont pas éternelles! Et puis, qd tu vas pouvoir courir de nouveau, je sens que tu vas faire comme Forest Gump! Tu seras plus capable de t'arrêter! lol!!!!

Courage!!

Véronique a dit...

ahhhh je ne la connaissais pas depuis le début ton histoire de coureuse. Super intéressant!

C'est drôle comme nos histoires sont différentes et pourtant on s'est rejoint. J'ose pas écrire la mienne...elle est moins jolie.

Sylvie Mallard a dit...

Merci pour vos commentaires!
Ne faisant plus de sports ses jours-ci, je me nourrie par les souvenirs et l'avenir. Les billets se feront plus rares mais j'ai toujours besoin de mon blogue pour partager ma passion!

Phil: Merci pour l'inspiration!