vendredi 29 février 2008

La course à pied est un sport émotivement intellectuel!

Quand je croise un coureur, je me demande souvent à quoi il pense. Est-ce qu’il pense à son souffle, à sa foulé, à sa vie ?

Pour ma part, tout dépend des circonstances. Si j’ai envie de faire le vide, j’apporte mon ipod avec moi et je me laisse transporter par la musique que j’écoute. Ces sorties sont plus évasives qu’intellectuel et de plus en plus rare dans mon cas. Si j’ai envie d’être seule avec moi-même, je pars sans musique. Et c’est souvent les meilleurs entraînements que j’ai.

Je pense parfois à ma technique. Aux différentes théories que je lis sur les blogues et dans les revues.

D’autre fois, je pense à mon quotidien. Aux fous rires que j’ai eus récemment, à la conversation que j’ai eue avec telle ou telle personne. À un courriel échangé avec une ou un ami que je ne vois pas souvent. À mes collègues de travail, mon chum, mon chien, ma famille, mes amis, à des recettes que je pourrais inventer.

Penser à mon quotidien pendant que je cours me transporte souvent au-delà du quotidien. Je réfléchie à des problèmes. Je relativise, je prends du recul, je trouve des solutions, des compromis intéressant. J’apprends à me connaître.

Je me permets de rêver aussi. Je m’imagine en train de faire une compétition. J’imagine que je traverse cette fameuse ligne d’arrivée. Ligne que l’on souhaite tant traverser. Ça me donne souvent des frissons incroyables. Une drive de continuer à mettre un pas devant l’autre. Des émotions qui sont vrais et vifs, qui m’apportent quelques fois des gouttes de joie dans mes yeux. Du bonheur pur. C’est dans ses moments que je me sens privilégiée de courir.

Rare sont les occasions d’avoir 2 à 3 heures pour soi-même. Quand je fais une longue sortie de 2 heures minimum, je suis seule. Personne qui me divertie. Pas de télévision ou d’internet. Du temps pour moi, à être confronté par une gamme d’émotions. Car je pousse mes limites. C’est parfois difficile et parfois euphorisant. Il faut gérer ses émotions. Quand c’est difficile, il ne faut pas lâcher. Il faut s’encourager. C’est là que ça devient un sport émotif et intello. Je jongle à travers ses 2 mondes. Et ça me fait grandir.

Je suis accro à la course à pied pour toutes ses raisons. La course à pied, c’est la meilleure des drogues pour moi.

8 commentaires:

Anonyme a dit...

Yes misss...
I agree with you!!

Véronique a dit...

Tu es en feu avec tes billets ! OUI, OUI, OUI ! Exactement ça. Être avec soi-même, aussi souvent, pendant aussi longtemps, c'est vraiment, vraiment précieux. Et c'est clair que ça nous permet de bien nous connaître et moi personnellement, ça m'aide beaucoup à faire les bons choix.

Et moi aussi je m'attache aux endroits, à tout ce qu'on peut vivre entre quatre murs...
Tu te lances dans une belle aventure dans ton nouvel appart !

MadeInHell a dit...

je compte... un deux trois quatre... un deux trois quatre... puis ça finit par faire un vide. J'ai déjà eu cette réflexion. Je pense que tous les coureur(e)s doivent l'avoir un jour ou l'autre

Patricia Tessier a dit...

Bel hommage à la course! Tu captures vraiment très bien l'expérience. Lorsque mon copain court avec moi, une fois de temps en temps il me dit: "Tu es encore dans ta bulle?" Lorsque je dois sauter quelques entrainements, comme la semiane dernière d'ailleurs, je suis toujours plus irritable, il me manque mes moments de recul.

Anonyme a dit...

Quelle belle description!! Je pense que nous sommes plusieurs coureurs à nous y reconnaître - le coup de la ligne d'arrivée ou simplement le fait d'imaginer être en compétition, ça, c'est vraiment euphorisant - et comme toi, cela me donne des frissons et un boost. En fait, j'ai exactement la même sensation lorsque je pense à des personnes handicappées ou âgées. Je pense très souvent à ce monsieur, Guy, qui habite dans mon quartier et qui est en fauteuil roulant et cela me donne un élan incroyable. Je me sens tellement privilégiée que j'en ai des frissons dans tout le corps! ;-) Qd je cours, je cours aussi pour ces gens-là!

Ah, la course à pied... une véritable drogue, oui!!

Vérane

Trotteur de l'est a dit...

Quand j'ai commencé à courir il y a un peu plus d'un an, je n'apportais jamais à boire! Une fois j'avais couru 26 km sans une seule goutte.

Devines à quoi je pensais lors des derniers km...

Sylvie Mallard a dit...

Trotteur, 26 km pas d'eau !!! C'est de la folie ;-)
J'imagine que tu as acheté une ceinture d'eau après cette expérience.

Trigirl 2007 - Québec a dit...

Bonjour Sylvie,

C'est Iza ta masso (ma masso et amie) qui m'a donné l'adresse de ton blog.
Eh ben, je crois que ton opinion est assez partagée au sujet de la course qui est un sport intellectuel: tu iras jeter un coup d'oeil sur ce que j'en disais justement:
http://trigirl2007.blogspot.com/2008/02/lorignal-qui-court.html

J'aime bien ta façon d'écrire et celle de Véronique aussi, alors, je vais mettre un lien de vos blogs sur le mien.

Keep on going!!!